La bigorexie

Le Centre d’Étude et de Recherche en Psychopathologie de Toulouse et les universités de Toulouse et Bordeaux ont posé une définition de la bigorexie telle que suit: « Un besoin irrépressible et compulsif de pratiquer régulièrement et intensivement une ou plusieurs activités physiques et sportives en vue d’obtenir des gratifications immédiates et ce malgré des conséquences négatives à long terme sur la santé physique, psychologique et sociale. »

« Pour certains sportifs, la répétition d’entraînements, l’accoutumance du corps au mouvement, la ritualisation et la répétition obsessionnelle de gestuelles, peuvent prendre une dimension compulsive, voir addictive. »

Abadi

Le sport est généralement pratiqué comme un loisir, un plaisir, une découverte, un épanouissement ou pour faire de la compétition. Au-delà de çà, beaucoup le considère comme un exécutoire des tensions de la vie quotidienne.
Mais le sport, ce n’est pas toujours çà, ce peut aussi être un temps de souffrance, de fragilisation et de dépassement de soi.

Socialement, le sport est bien vu. On ne manque pas d’en venter ses bienfaits et les croyances relatives à la santé et à l’hygiène sont bien connues. La pratique sportive façonne, modèle le corps ainsi que l’image sociale ou intime du pratiquant. Le corps sportif est, et se doit d’être esthétique, courageux et fort.

Dans le sport il y a souvent la notion de « toujours plus »: l’athlète se doit d’optimiser d’une manière quasi extraordinaire l’ensemble des facteurs constituant la performance, qu’ils soient physiques, techniques, physiologiques, diététique, psychologiques, environnementaux ou autre.

« Dans cette quête de la performance ultime, certains athlètes ralentissent, tombent, s’affaiblissent et finissent par se perdre dans des conduites dont l’esprit pourrait être aisément qualifié de contre-sportif. »

Abadie

Diverses études ont été mené pour comprendre ce qui pousse ces personnes dans leur pratique. Beaucoup de sportifs vivent au travers de leur pratique et ne comprenne pas comment ils en sont arrivés là ni comment s’en sortir. Mais quand le sport commence à envahir les pensées et à diriger toutes les autres facettes de la vie (l’alimentation, le sommeil, la vie sociale…) il devient urgent de se demander ce qui incite de telles conduites. Certains auteurs ont mis en évidence l’existence de tensions psychiques, d’angoisses profondes dont la caractéristique principale serait de submerger l’appareil psychique du sujet. Abadi explique qu’à travers la pratique sportive, les athlètes tentent de mettre à distance, ou d’éviter, l’émergence de frustration, voire d’états traumatiques.

« L’histoire des sportifs fait souvent apparaître une blessure, un manque dans le corps qui a marqué la décision de faire du sport. À partir de ce manque, un fantasme s’est constitué restituant une position de maîtrise du sujet. »

Labridy & al.

Comprendre de tels schémas de pensées permet de libérer l’esprit, et de faire en sorte que toute sa vie ne tourne pas autour d’une pratique sportive. Il n’est pas rare de se retrouver enrôler et de ne pas réussir à sortir de cette situation. De plus, les endorphines produites lors de la pratique procurent un sentiment de bien être qui pousse à rechercher de nouveau cette sensation. Le rôle du psychologue est aussi d’accompagner la personne à lever ces blocages et à s’ouvrir à la vie.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :