La boulimie

Touchant près d’1 % de la population adolescente, majoritairement les filles vers 17 ou 18 ans, la Boulimie (venant du grec signifiant « faim de loup ») fait partie des troubles du comportement alimentaire avec l’anorexie et les conduites hyperphagiques. Existant depuis l’Antiquité, elle semble se répandre davantage dans les sociétés occidentales actuelles. 

Ce trouble se caractérise par des épisodes récurrents d’accès hyperphagiques (consommation de grande quantité de nourriture sans pouvoir se retenir), survenant depuis plus de trois mois à raison  d’une crise par semaine. Ces accès sont décrits comme une perte de contrôle sur un temps court (moins de deux heures), la prise alimentaire est très importante (environ 2500 calories) . Afin de contrebalancer les effets de ces accès, la personne va mettre en place des comportements compensatoires comme les vomissements, le jeûne, la prise de laxatifs et de diurétiques… Pour tenter d’empêcher de nouvelles crises, la personne aura des comportements d’évitement comme ne pas être trop proche des commerces vendant de la nourriture, trop d’argent disponible sur soi ou même les temps de pause dans la journée. Cependant, la crise étant vécue comme une perte de contrôle, les comportements associés peuvent parfois être dangereux pour la santé comme l’ingestion de produits encore congelés. 

À côté de ces signes directement liés à l’alimentation, il y a aussi des signes cognitifs et affectifs que l’on retrouvent chez les patients souffrant de boulimie. 

Parmi ces signes on trouve notamment la ritualisation qui consiste à installer des habitudes comportementales précédant la prise alimentaire comme par exemple couper ses aliments en tous petits morceaux, trier son assiette… En plus de diminuer l’angoisse liée aux repas, ces rituels permettent d’allonger le temps des repas afin que les personnes avec qui ils mangent ne se rendent pas compte du peu que le patient ingère.

La pensée fusion-forme est un autre biais cognitif, qui consiste à croire que penser à un aliment reviendrait au même que de l’ingérer et donc ingérer ses calories. Les personnes souffrant de boulimie en viennent à avoir un contrôle complet sur leurs pensées en essayant de ne pas avoir de la nourriture à l’esprit (surtout si celle-ci est calorique). 

L’un des sentiments prédominants dans la boulimie est la honte ; les personnes boulimiques ont souvent honte de leurs comportements que ce soit les accès hyperphagiques ou les comportements compensatoires. Cette honte d’être vu pendant les crises accentuent la solitude que peuvent ressentir ces personnes. En effet les personnes souffrant de boulimie peuvent se renfermer sur elles-mêmes, par honte du regard de l’autre sur leurs habitudes d’alimentation. Cette solitude peut aussi venir d’un anhédonie sociale ; une perte de plaisir dans les relations sociales, ce qui va d’autant plus les pousser à l’isolement. 

Bibliographie: Shankland, R. (2016). Les troubles du comportement alimentaire. Paris: Dunod.

Cusin Ylea (stagiaire chez Margot Verlhac en Juillet 2021)

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